Adresses de consultation

Deux lieux de consultations sont à votre disposition. Le premier se situe à Flohimont, dans la commune de Libramont, à quelques minutes de la sortie d’autoroute. Les jours de consultations à Libramont: Mercredi- Jeudi

Le second se situe à Luxembourg ville. Jours de consultations: Lundi- Jeudi- Vendredi. Je suis agréé par le Ministère de la santé et inscrit au Collège Médical du Grand duché de Luxembourg.

Je vous reçois rapidement, en journée et en soirée, du lundi au vendredi.

Les objets métaphoriques

Lors des séances thérapeutiques, certains outils comme les objets flottants peuvent être utilisé comme prolongement au verbal, à la parole. Ces objets permettent de donner une dimension supplémentaire au récit, ils permettent aussi de toucher l’inconscient en changeant de niveau de réflexion. Un des objectifs d’une thérapie est de pouvoir rendre aux personnes, aux couples et aux familles leur pouvoir créatif au sein même de l’espace de rencontre, tout en tenant compte de la plainte et des difficultés personnelles de chacun. Ce qui se passe avec le thérapeute devient plus réel et plus engageant, une certaine légèreté s’installe, le côté lourd et pesant faisant place au spontané. Un futur possible se dessine donc et chacun peut reprendre en main son propre destin. Ils permettent de prendre conscience d’une autre réalité.

Plusieurs formes d’objets métaphoriques existent et sont utilisés en fonction du problème et adapté au fonctionnement individuel.

Ces objets peuvent aussi êtres utilisés dans le travail de supervision d’équipes, dans le travail social et éducatif au niveau des animations.

Utilisés par les membres de Psystème depuis plusieurs années, les personnes avec qui ces objets sont utilisés sont toujours surpris du pouvoir un peu magique que les résultats donnent. Nul ne sait quelle direction les résultats vont prendre mais ils sont généralement positifs et surprenants.

L’écriture comme aide thérapeutique

La psychothérapie étant une façon de prendre de la distance par rapport à sa situation, l’écriture peut être utilisée à cet effet. L’utilisation d’ « objet métaphorique »( cfr article sur les objets métaphoriques) sont souvent utilisés dans cet objectif de changer son regard et sa vision des choses. L’inconscient est ici sollicité en « jouant ».

Souvenez vous de tous ces mythes Grecs ou plus simplement des histoires lues aux enfants. Tout cela éveille notre imagination et donne au travail sur soi une autre dimension. L’objectif étant bien sûr une compréhension de Soi.

Le fait de devoir se pencher sur son histoire impose un autre regard que celui que le langage peut avoir. Les mots, les tournures de phrases sont riches de sens. Construire son histoire, c’est lui donner un cadre et une structure, c’est vérifier que notre imagination se réfléchit bien dans notre réalité. Ecrire ce qui a habité ma vie, quels sont les effets sur la reconnaissance de soi. C’est extérioriser et partager ses cataclysmes intérieurs( peurs, doutes, drames…), transformer mon savoir en savoir à partager, me rendre compte que je ne suis plus seul et que ce que je pensais secret est finalement exprimable sous certaines conditions.

Certains exercices de respiration, notamment au travers des inductions paradoxales( hypnose), permettent de « sortir » cette horrible boule que j’ai en moi en qui m’angoisse. L’écriture peut servir à extérioriser ses démons à l’instar de la respiration en prenant peu à peu conscience de ce qui se passe en moi et de le modéliser.

Les obstacles à l’écriture, comme ceux du langage, peuvent aussi être la base de ce qui peut être travaillé en séances. Qu’est- ce qui coince, quels sont mes protections, que se passe-t-il en moi lorsque j’en parle ou lorsque je prends du temps pour moi? Mais aussi mes ressources et mes facilités.

Ecrire fait peur parce qu’on s’imagine devoir « bien » écrire. Qu’est- ce que bien écrire ? Au bout d’une séance ou deux, les gens sont étonnés de la facilité avec laquelle leur poésie intérieure sort. Et la page recto/ verso devient une habitude, les peurs ont laissé place à l’excitation et au sentiment de bien- être.

L’écriture à deux, au sein du couple ou de la famille est aussi un exercice possible. Se poser à deux, devoir choisir ses mots, c’est vérifier que ce que je dis est compréhensible par l’autre, c’est aussi avoir un retour rapide sur mes idées. La base de l’apprentissage de la communication est ici touchée. Beaucoup de couples se rendent compte que ce qu’ils  croyaient limpide et évident n’est en réalité par compris du tout par leur conjoint.

On est toujours dans une fiction, la réalité n’existe pas. Assumer ses idées, c’est construire la distance qui me sépare de l’autre, et c’est cette distance dont je vais pouvoir me servir pour communiquer. Ce n’est pas ce que je dis qui est intéressant mais bien ce qui ce passe entre moi et l’autre au moment où je le dis.

Alors une feuille et un bic et c’est partis !

Thérapie de couple?

Tout au long de notre vie, nous avons besoin de nous sentir en lien, aimés et appartenir. La proximité physique, psychique et mentale d’un partenaire augmente ce sentiment de bien- être. Depuis tout petit, nous avons besoin de nous sentir en lien et protégés, d’abord par notre mère et par nos parents et ensuite nous recherchons ce lien auprès d’un autre. Cette sensation nous fait éprouver de la sécurité.

Le couple naît de ce besoin. L’homme et la femme se retrouvent en couple pour réguler leurs émotions, pour apaiser les circonstances stressantes de leur existence, pour donner un sens et un objectif à leur vie. Au contraire, le sentiment de solitude est mal vécu. Un besoin similaire est aussi éprouvé an niveau de nos amis et de nos collègues. L’être humain a donc besoin de se sentir « attaché », ce qui le pousse à s’organiser pour connaître des relations stables et durables. Ce besoin social primaire est éprouvé et développé durant la petite enfance et tout au long de la vie.

Cet attachement, tel que développé par Bowlby*, permet de mieux comprendre les relations de couple, notamment au niveau du besoin de contact et d’apaisement. Le calme qui en découle offre la possibilité de vivre sereinement et de développer des projets, d’être en lien avec son environnement et de pouvoir s’adapter aux changements que nous impose notre société. Chacun dans le couple devient le partenaire réciproque de l’autre.

Nous avons besoin en tant qu’enfant de « nous sentir bien avec… », de « pouvoir compter sur… » et devenant adulte «  de prendre soin de… ».

Le couple tel que nos parents l’ont connu a visiblement bien changé. Pourtant ce lien dans lequel nous entrons à toujours existé et à toujours représenté une importance dans l’histoire des hommes. Depuis Adam et Eve, de nombreuses histoires ont été écrites pour symboliser et donner du sens à « ce couple ». Aujourd’hui, il est probablement plus correct de dire à « ces couples »  au vu du nombre de formes que celui- ci peut prendre : marié ou mixte, cohabitant ou non, familles recomposées, couple homosexuel…

Si à l’époque de nos arrières grands- parents les séparations ou les divorces étaient chose rare, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Pour preuve, l’évolution des lois suit cette tendance en facilitant les procédures de séparation et de divorce mais aussi en permettant des unions différentes que celle du mariage. Les statistiques le démontrent aussi, le taux de divorce est en nette augmentation !

Pourtant, de plus en plus de couples réfléchissent plus loin leur union que ne le faisaient nos ancêtres. Le mariage n’est plus automatique. Il y a donc une recherche de sens dans le couple et les attentes par rapport à cette union n’en sont que plus importantes, parfois idéalisées. Même dans les « unions libres » le couple est fort réfléchi, certainement autant que pour les couples mariés.

Rappelons- nous ces vibrations ressenties lors du premier baiser ou l’euphorie des premiers moments… « Il » ou « elle » était exactement ce que nous recherchions. Pour plusieurs raisons, cette étape de « lune de miel » s’est dissipée pour laisser place à une autre réalité. La cadence de nos vies, mais aussi notre environnement nous poussent à constater ce qui nous sépare aussi bien que ce qui nous unit. La richesse du couple c’est autant de pouvoir trouver des ponts communs entre nous mais aussi de constater les différences et la distance qui nous séparent. Tu n’es pas moi ! Ne m’impose pas ta façon de penser ! Si cela semble évident, ce ne l’est pas autant dans les thérapies de couple, beaucoup acceptant difficilement ces différences. Pourtant connaître sa distance ne signifie pas ne pas aimer mais respecter l’altérité de l’autre.

Le couple si bien uni aux yeux de l’extérieur peut rapidement passer d’un état de « conte de fées » à un état de  « compte dé- fait ». Comment se retrouve-t-on d’une histoire ou tout semblait si bien aller entre nous à une somme de reproches retraçant notre histoire ?

Différences si riches… Chacun dans le couple arrive avec son sac à dos chargé par ses propres valeurs et croyances héritées de son éducation, de ses parents et familles. Le choc de cette rencontre nous force à chercher un terrain d’entente fait de compromis et de renoncement. Ce choc crée aussi une nouveauté, une singularité du nouveau couple, notre couple est unique !

Le passage de couple conjugal à couple parental crée aussi un changement important ! Les enfants modifient considérablement les rapports entre conjoints. L’unicité du moi dans la relation, c’est terminé ! « Je vais devoir partager avec mes enfants » ! La qualité des relations conjugales va être déterminée en partie par la qualité des relations que nous entretenons avec nos propres parents et par celles que nous allons donner à nos enfants. Nous passons rapidement de couple amoureux à couple parental, la bulle que nous avions tricotée et qui nous protégeait doit maintenant abriter une personne supplémentaire. Comment ne pas se sentir exclu et garder une place ? Cette place en mutation doit se construire à deux…

La crise que le couple traverse peut aussi se révéler riche de sens et parfois nécessaire pour se retrouver. Cette étape désagréable et déroutante est donc parfois utile si elle est bien négociée. Le recours à un tiers, par exemple à un psychothérapeute de couple, aide à sortir de cette ornière pour clarifier les difficultés, permettre à chacun de retrouver une place digne où les écueils peuvent êtres dits. Mettre des mots sur des émotions et des sentiments encore diffus mais présents au fond de nous : « je le sentais mais je n’arrivais pas à les nommer, à expliquer ce que je ressentais. »

La communication entre les partenaires est cet outil indispensable pour évoluer ensemble. Et pourtant se parler est loin d’être simple. Les interprétations possibles de nos propos sont multiples et source de discorde. « Les hommes viennent de mars et les femmes de vénus ». Même si cette expression est un peu rapide, il est exact de constater que le sens des mots n’est pas le même chez les deux partenaires, que leurs attentes divergent et que cette distance peut être difficilement vécue. Par exemple, la plus grande sensibilité de la femme peut être vécue comme une ressource mais peut aussi être un inconvénient en interprétant la tranquillité du partenaire comme un manque d’intérêt à son égard. Ces échanges positifs et structurants aident à faire avancer les individus au sein du couple. Cette construction donne du sens à notre appartenance. Pourtant au début, nous étions proche et puis je ne sais pourquoi nous avons pris de la distance, peu à peu et insidieusement. Maintenant je me demande ce que nous partageons encore !

Une thérapie de couple est un lieu neutre où chacun peut venir déposer ses difficultés, colères, attentes et besoins. Le thérapeute aidera à « décoller » de l’ornière imaginaire dans laquelle le couple semble enlisé. Ce travail est effectué dans un cadre où le respect est un maître mot. Pas question de fautif ou de jugement par rapport à l’un ou l’autre. Ce sont les ressources de chacun, souvent oubliées, qui vont réapparaître. D’un à priori négatif de souffrance, les personnes qui viennent consulter constatent la sortie de la crise avec un ressenti positif. « Ca fait du bien d’en parler même si le sujet n’est pas simple, mais je me sens mieux maintenant, libérée ».

* John BOWLBY, psychiatre et psychanalyste anglais, connu pour ses travaux sur l’attachement, le lien parents- enfants.

L’horloger familial

Les troubles alimentaires.

Anorexie, boulimie comme phénomènes complexes.

Article écrit par Jean bernard LIEVENS

« Peut-on soutenir que le corps parle, qu’il a un langage ? Il semble légitime de l’affirmer dès lors qu’on considère le corps comme un territoire dans lequel s’inscrivent, non seulement les reflets de troubles biologiques, mais aussi les traces, chargées de sens, d’événements psychologiques, relationnels, existentiels. La maladie psychosomatique qui s’exprime à travers le corps, mais qui ne se limite pas au corps, requiert alors une approche globale du corps, de l’esprit et du milieu. L’approche systémique révolutionne les conceptions rigides de la pensée médicale traditionnelle et apporte ici une contribution inestimable. Elle offre une méthodologie qui permet de retrouver cette unité complexe des choses, non seulement par une modélisation théorique, mais aussi, ce qui est plus important, dans l’exercice même de la clinique.

La technique des « sculptures du présent et du futur » permet de replacer le corps dans le contexte qui est le sien, lorsqu’il peut redevenir moyen d’expression sur la scène de la relation familiale. Alors il quitte le silence apparemment obscur du symptôme pour prendre le sens d’un langage. Ainsi, est ouverte pour le thérapeute l’occasion de se familiariser avec « les langages du corps » qui souvent ne trouvent qu’une maigre écoute. »

Préface du livre de Luigi Onnis, Les langages du corps,

la révolution systémique en psychosomatique.

Au travers des troubles alimentaire d’un adolescent, la famille exprime un « Temps suspendu » avec ses immobilités et ses blocages. Afin de se protéger, le système familial et ses secrets cachés se créent des conflits de loyautés et impose la non- permission de parler. L’adolescent est alors instrumentalisé au profit du secret familial, du secret conjugal. En découvrant cette instrumentalisation, le « corps » de l’anorexique parle et renvoie au « corps » familial. Les mythes familiaux de protection imposent cet antagonisme entre besoin de s’exprimer et la peur de la destruction du noyau familial.

A la suite d’événements traumatisants pour la famille, celle-ci perd de vue ses ressources et ses capacités de transformation pour sortir du système homoéstasique. Chaque famille alternant entre renforcement interne et capacité d’évolution, le trouble alimentaire fixe la famille dans une impossibilité à évoluer vers un autre stade.

La majorité des troubles alimentaires concernent des femmes. Ceci est expliqué par le contexte familial, la culture et l’individu. Les hommes développent d’autres formes de troubles. L’évolution de la société et de notre culture fait émerger de plus en plus de situations d’hommes anorexiques ou boulimiques.

 A. L’ENVIRONNEMENT

Différentes composantes sont engagées dans le phénomène, la complémentarité des trois composants comme fil rouge d’un « temps suspendu » est importante :

1.la culture sociale : consommation et valeur du bien- être, le corps est vécu comme devant être éternel, suspension du temps du vieillissement, 2.la psychodynamique personnelle, suspension du temps de la croissance vers une identité plus mûre afin de garder les émotions de l’enfance et les liens parentaux, 3.les caractéristiques de la famille, le système familial. Mythe d’unité avec une transmission transgénérationnelle douloureuse qui empêche le processus d’autonomie et d’individuation

1. La culture sociale

Les troubles alimentaires sont présents en occident et absent dans les pays du tiers monde. Ces troubles seraient liés au développement économique et du bien- être. Ce développement émet un message paradoxal : d’une part invitation à la consommation et d’autre part devoir d’être mince, des idéaux esthétiques opposés au corps capable de travailler.

Le rôle de la femme évolue dans sa recherche d’une nouvelle identité et dans ses rapports à l’homme. La culture de l’image : les traces de vieillissement sont gommées. Culture du présent infini, oà les corps doit rester jeune, où le temps semble suspendu.

2. L’individu

La fracture de l’adolescence des patients boulimiques et anorexiques, déchirure et ambivalence entre : la tentative d’affirmation de soi et l’individuation à travers la dynamique du refus. La dynamique « contre », la régression infantile qui bloque l’individuation et empêche d’assumer l’identité et la sexualité féminine avec les vécus qui l’accompagne, le refus de la nourriture serait l’expression du refus de la mère ambivalent avec le besoin de sa mère, la nourriture extérieure serait refusée par l’intérieur comme image du refus du monde externe, dévalorisation de l’image du corps comme manifestation extérieure.

3. Histoires familiales

La relation conjugale est conflictuelle mais cachée, les besoins personnels sont insatisfaits et il y a un vide affectif. Blocage non déclaré. Le patient désigné s’engage envers l’un ou l’autre parent. La fille( ou le fils) devient l’instrument d’une lutte conjugale secrète et critique. La crise anorexique survient quand l’enfant se rend compte de son instrumentalisation par un parent, d’être considéré comme un instrument plutôt que d’être un individu, instrument du couple. Le patient se rend compte que son alliance avec l’un ou l’autre parent ne porte pas sur ce qui est présenté par ce parent.

 B. HYPOTHÈSES SYSTÉMIQUES

Tenter de répondre à deux pôles contradictoires et inconciliables constitue une tentative illusoire : vouloir quitter le monde de l’adolescence pour se créer une place d’adulte sans renoncer aux besoins émotionnels propres à l’enfance. Le trouble alimentaire suspend le temps de passage entre adolescent et adulte. La difficulté d’individuation( de trouver sa place) entre les générations, et d’autonomisation.

Le couple conflictuel crée un contexte où le système familial empêche toute résolution des conflits, notamment par peur de l’éclatement de la bulle familiale, bulle dont le patient se sent responsable( mythe). Les conflits sont polarisés autour des problèmes alimentaires avec une concentration des problèmes sur l’aire symptomatique du patient désigné. Grâce aux jeux des coalitions, les places de chacun sont définies avec peu de clarté, ce qui constitue un obstacle dans les processus de différenciation.

1. Triangularisation familiale.

Coalition soit avec :

  • la mère perçue comme victime du père dominant ou absent,
  • le père qui valorise sa fille comme parfaite( conflit de places) par rapport à la mère sous- évaluée ou insupportable.

Dans les deux cas se crée pour le patient des difficultés de s’identifier à l’image féminine : négation de l’image féminine, retard dans l’acquisition de l’identité sexuelle( corps asexué).

2. Signification relationnelle

tentative de récupérer une sphère d’autonomie, tentative de différentiation à travers le refus et le contrôle, protestation violente et désespérée, protestation « muette » dans un système qui refuse le conflit, paradoxe qui exprime besoin de croissance et d’individuation et peur de croissance qui provoque la régression à l’enfance, l’anorexie comme identité. Crise de l’identité si résolution de l’anorexie. Ce n’est donc pas l’anorexie qu’il faut soigner mais bien le système familial.

3. Les mythes familiaux.

Mythes d’unité et de cohésion de la famille comme valeur suprême à sauvegarder à tout prix : risque de trahison.

Fantasme de rupture : peur angoissante que toute manifestation de conflit ou d’autonomie puisse représenter une désagrégation catastrophique des liens de la famille plutôt qu’une transformation évolutive. Blocage du temps.

Profonde adhésion du patient à ces mythes : loyautés invisibles et peur de transgression.

4. Transmission transgénérationnelle.

Trigénérationnel : répétitions d’histoires douloureuses, vécus émotionnels de perte et angoisses de séparation. Construction défensive par peur de la répétition de ces histoires douloureuses. Les histoires personnelles montrent des scénarios où des pertes douloureuses, des déchirement ont été connus, perte d’un membre de la famille et non cicatrisation de cet événement, deuil non fait. Le famille met tout en place pour ne pas revivre ce vécu traumatisant. La séparation est donc imaginée comme pouvant faire revivre ce vécu douloureux. Le mythe de l’adhésion familiale, de l’unité est renforcé.

 C. PERSPECTIVES

1. Utilisation du langage analogique en thérapie.

Langage du corps = langage analogique( différent du langage verbal). Permet au mythe d’émerger sans question explicite sur ce point. Le corps du patient prend la forme du corps familial.

Les sculptures du temps familial : sculpture du présent, sculpture du futur après 10 ans, comment on pense que la famille sera dans la réalité, pas comme on espère qu’elle sera sculpture du passé avec un épisode ayant laissé des traces dans la mémoire.

Conséquences des sculptures : dépasser la peur de la possibilité d’évoluer, dépasser la peur de la perte de l’unité familiale, la famille et l’individu peuvent se rapproprier leur histoire, le dialogue du thérapeute avec la famille peut restituer sous forme de métaphore et de mosaïque de nouvelles traductions, significations de souffrance de la famille. métaphores à utiliser : la convergence des regards vers la maladie ; le geste d’unir et de tenir à distance( ambivalence)

Objectifs et perspectives :

rendre la possibilité d’un nouveau temps, faire émerger les mythes et les fantasmes sans questionnement direct sur ceux- ci, restituer au symptômes du patient la signification d’une métaphore du malaise familial en activant les ressources pour en sortir.

2. Exemple d’hypothèse restituée à la famille :

La nourriture est la seule façon de survivre et de s’opposer. S’occuper du symptôme désigné de front est risquer de lui retirer son identité.

La fratrie comme ressource.

De belles images nous ont touché. Votre famille est fortement engagée. Votre fille à réussi à réunir toute la famille autour d’elle, tenir ensemble toute la famille tout en signifiant vouloir un espace personnel. C’est comme si quelqu’un devait garantir l’unité de la famille en étant convaincue d’être le centre unifiant de la famille. Votre fille malade polarise l’attention de tout le monde. Symptôme de l’anorexie : le besoin de tenir ensemble et de trouver un espace pour elle-même. Elle est déchirée par cela. Comment peut-elle se construire un espace personnel ? La famille a des ressources : les parents donnent de l’assurance aux enfants.

La famille est confirmée par le thérapeute dans ses croyances en créant un cadre de connotation positive où un sens nouveau est donné au symptôme et en permettant un nouvel espace pour le changement. Donner des ressources pour le changement, des alternatives sont possibles. Reconnaissance du travail accompli par le patient en disant que quelqu’un peut prendre le relais.

Le temps du couple

Et si nous avions notre temps?

Les couples auraient différents « temps » et cette notion serait très personnelle et devrait faire l’objet dans le couple d’une construction pour que les différents temps ne deviennent pas une opposition dans le couple. Chacun a sa propre expérience du temps et sa propre façon d’élaborer son temps. Ce qui est vécu comme rapide pour l’un peut- être très lent pour l’autre.

Ex : si je m’ennuie devant un film, le temps me paraîtra long au contraire de ma partenaire qui est passionnée et qui ne verra pas le temps passer.

Quand commence la thérapie, pour certains il est trop tard et tout est fini, pour l’autre qui tombe des nues et qui s’aperçoit seulement des problèmes, tout ne fait que commencer.

Madame vient en thérapie car est en difficulté dans le couple, elle élabore durant plusieurs mois ses difficultés et lorsqu’elle en parle à son mari, elle s’étonne que celui-ci prenne tant de temps pour se rendre compte de la réalité. Les lignes du temps parallèles ont évolués à des vitesses différentes.

Différentes temps :

-       de réaction

-       d’élaboration

-       de rythme,

-       de priorité

-       dans le désir de la fréquence

-       de ponctualité

-       dans la planification

-       du matin et du soir

-       …

Le temps est une perception originale et personnelle. En couple, nous confrontons les temps individuels, si ceux- ci ne sont pas discutés et élaborés ensembles, le couple risque d’être à deux vitesses. Cette élaboration est fastidieuse mais constitue un dépassement personnel et pourrait déboucher vers un succès final agréable, de connaissance de soiet de l’autre.

Cette réflexion n’est pas uniquement valable pour la notion de temps mais pour l’intérêt de soi et du couple en général. Il n’y a pas que le temps qui est vécu de manière différente. Je pense notamment à l’argent, à la vitesse, au plaisir, aux odeurs… Deux « mondes » ou cultures qui se croisent confrontent aussi des perceptions différentes.

Encore une fois, une thérapie de couple aide à se confronter l’un et l’autre pour se construire un vécu commun. C’est construire ensembles.

Avoir l’impression de connaître l’autre, de partager un récit commun, exister à ses yeux et  » compter » pour lui… Nous cherchons tous cette relation complémentaire qui nous fait vibrer.

Gregory Bateson, son histoire

Gregory Bateson, son histoire

Grégory Bateson était perçu comme une personne ayant une culture générale et scientifique très vaste. Il connaissait personnellement tous les gens importants dans le domaine scientifique. Jamais, il n’a fait de distinction entre sa vie privée et sa recherche scientifique ; étudiants et scientifiques étaient invités chaque semaine chez lui pour débattre de questions scientifiques et philosophiques. Mais, en plus de sa passion pour l’étude, les idées défendues par son père ont défini les options fondamentales qui l’ont marqué toute sa vie.

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