L’écriture comme aide thérapeutique

La psychothérapie étant une façon de prendre de la distance par rapport à sa situation, l’écriture peut être utilisée à cet effet. L’utilisation d’ « objet métaphorique »( cfr article sur les objets métaphoriques) sont souvent utilisés dans cet objectif de changer son regard et sa vision des choses. L’inconscient est ici sollicité en « jouant ».

Souvenez vous de tous ces mythes Grecs ou plus simplement des histoires lues aux enfants. Tout cela éveille notre imagination et donne au travail sur soi une autre dimension. L’objectif étant bien sûr une compréhension de Soi.

Le fait de devoir se pencher sur son histoire impose un autre regard que celui que le langage peut avoir. Les mots, les tournures de phrases sont riches de sens. Construire son histoire, c’est lui donner un cadre et une structure, c’est vérifier que notre imagination se réfléchit bien dans notre réalité. Ecrire ce qui a habité ma vie, quels sont les effets sur la reconnaissance de soi. C’est extérioriser et partager ses cataclysmes intérieurs( peurs, doutes, drames…), transformer mon savoir en savoir à partager, me rendre compte que je ne suis plus seul et que ce que je pensais secret est finalement exprimable sous certaines conditions.

Certains exercices de respiration, notamment au travers des inductions paradoxales( hypnose), permettent de « sortir » cette horrible boule que j’ai en moi en qui m’angoisse. L’écriture peut servir à extérioriser ses démons à l’instar de la respiration en prenant peu à peu conscience de ce qui se passe en moi et de le modéliser.

Les obstacles à l’écriture, comme ceux du langage, peuvent aussi être la base de ce qui peut être travaillé en séances. Qu’est- ce qui coince, quels sont mes protections, que se passe-t-il en moi lorsque j’en parle ou lorsque je prends du temps pour moi? Mais aussi mes ressources et mes facilités.

Ecrire fait peur parce qu’on s’imagine devoir « bien » écrire. Qu’est- ce que bien écrire ? Au bout d’une séance ou deux, les gens sont étonnés de la facilité avec laquelle leur poésie intérieure sort. Et la page recto/ verso devient une habitude, les peurs ont laissé place à l’excitation et au sentiment de bien- être.

L’écriture à deux, au sein du couple ou de la famille est aussi un exercice possible. Se poser à deux, devoir choisir ses mots, c’est vérifier que ce que je dis est compréhensible par l’autre, c’est aussi avoir un retour rapide sur mes idées. La base de l’apprentissage de la communication est ici touchée. Beaucoup de couples se rendent compte que ce qu’ils  croyaient limpide et évident n’est en réalité par compris du tout par leur conjoint.

On est toujours dans une fiction, la réalité n’existe pas. Assumer ses idées, c’est construire la distance qui me sépare de l’autre, et c’est cette distance dont je vais pouvoir me servir pour communiquer. Ce n’est pas ce que je dis qui est intéressant mais bien ce qui ce passe entre moi et l’autre au moment où je le dis.

Alors une feuille et un bic et c’est partis !

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